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Le spectre de la guerre hante l'Occident, celui du populisme frappe à notre porte. À dix-huit mois de la présidentielle, le RN progresse tandis que LFI, en brutalisant la gauche et en flattant l'antisémitisme, lui sert de marchepied. Pour éviter le piège des extrêmes, les forces démocrates et républicaines doivent s'imposer une discipline d'airain : un seul candidat par camp, préconise le think tank Les Gracques.
Partis, dirigeants, élus, militants des formations de l'arc démocrate et républicains, nous vous appelons à l'esprit de responsabilité.
Au moment où le spectre de la guerre hante de nouveau l'Occident, et où celui du populisme vient frapper à notre porte, s'abandonner chez nous aux querelles de boutique et aux ambitions d'ego serait impardonnable.
Bien que notre modèle social soit le plus généreux du monde, les Français ne décolèrent pas.
Sur le toboggan noir de la dette et de l'overdose fiscale
Le déclassement des couches moyennes, le retour de la revendication identitaire, la dégradation des services publics, la polarisation distillée par les ingénieurs du chaos via les plateformes numériques et les réseaux sociaux, la confusion bureaucratique des responsabilités entre Paris et les pouvoirs locaux, enfin l'aveuglement de certaines élites face aux enjeux et aux difficultés de la vie quotidienne expliquent nos fractures.
Cette dynamique sombre nous tire vers le bas, comme le montrent les résultats, ces derniers mois, de la pression des démagogues en l'absence de majorité : des débats baroques qui nous entraînent sur le toboggan noir de la dette, de l'overdose fiscale, du découragement des entrepreneurs et de l'exaspération citoyenne.
C'est dans ce climat lourd d'orages que nous aurons à élire, au plus tard dans dix-huit mois, peut-être avant, un nouveau Président de la République.
LFI sert de marchepied à la victoire du RN qu'elle prétend combattre
Le RN a le vent en poupe. Au-delà des gestes notables de Marine Le Pen telle sa participation à la manifestation contre l'antisémitisme, la victoire de ce parti xénophobe et populiste accentuerait nos divisions, remettrait en cause l'Etat de droit, pousserait encore plus le pays à la ruine par ses promesses non financées. Elle abattrait la crédibilité internationale et européenne de la France car le RN est l'allié de l'autocratie russe protégée par le Falstaff de la Maison-Blanche.
Ce grave danger a ses supplétifs telle LFI que nous devons aussi combattre. En se prosternant devant les tyrannies, en enflammant les communautarismes, en flattant l'antisémitisme, en brutalisant la gauche, en crachant au visage des juges et de la presse, en piétinant l'ordre public et en multipliant à son tour les promesses démagogiques, elle sert de marchepied à la victoire annoncée du RN qu'elle prétend combattre. C'est pourquoi LFI ne doit pas accéder au second tour de l'élection présidentielle.
Le seul moyen d'éviter le piège des extrêmes est que les partis démocrates et républicains s'imposent une discipline d'airain : un seul candidat par grande force - la gauche socialiste et écologique d'une part, le centre et la droite d'autre part -, et moins encore si c'est possible. Il nous faut éviter la dispersion des voix qui fit chuter Lionel Jospin en 2002.
« Face aux dangers de l'heure, ce qui vous réunit l'emporte de loin sur ce qui vous sépare. »
La société civile peut aider à définir un programme susceptible de favoriser l'adhésion du peuple souverain. Nous allons nous y employer pour notre part. Mais un point est critique : mesdames et messieurs les principaux candidats potentiels de l'arc démocratique et républicain, nous ne pouvons pas nous permettre le jeu de vos ambitions, même si elles sont toutes légitimes.
Face aux dangers de l'heure, ce qui vous réunit l'emporte de loin sur ce qui vous sépare. À vous de vous entendre pour n'avoir pas plus de deux candidats au premier tour des présidentielles.
La grande faiblesse du débat public
Gardons à l'esprit que ce qui fait la qualité de la démocratie, comme sa capacité à convaincre l'opinion, c'est d'abord la qualité du débat public. Or celui-ci est aujourd'hui d'une grande faiblesse face aux défis devant lesquels nous nous retrouvons.
C'est pourquoi avec d'autres think tanks nous allons travailler à l'enrichir sur les sujets les plus essentiels pour notre pays. En confrontant ces analyses à celles des responsables politiques, comme nous allons commencer à le faire le 11 avril prochain à l'occasion d'une grande journée de débats sur le thème : « Chronique de la catastrophe annoncée ? » Un second rendez-vous sera proposé en juillet. Nous espérons ainsi éclairer utilement les Français.
Les Gracques
« Le seul moyen d'éviter le piège des extrêmes est que les partis démocrates et républicains s'imposent une discipline d'airain : un seul candidat par grande force » (Photo Shutterstock)

