Par Bernard Spitz - Les Échos
L'Allemagne décide de privilégier ses propres intérêts, laissant de côté son lourd passé et son voisin français endetté. L'AfD surfe sur cette soif d'ambition renouvelée, analyse Bernard Spitz.
Depuis la réunification, la relation de la France avec l'Allemagne n'a jamais été tranquille. Les succès de l'AfD vont en accentuer les difficultés à notre détriment, présent et futur.
L'élément clé à comprendre est la chute du tabou de l'ambition nationale. Après huit décennies, le mauvais génie est sorti de la bouteille. Les Allemands retrouvent le désir et le besoin de l'ambition, là où ils se l'interdisaient, comme dans la défense.
Lorsque l'on parle désormais de souveraineté européenne à Berlin, c'est celle dominée par l'Allemagne, comme au Parlement ou à la Commission. Un ancien commissaire le disait : « Le premier mandat d'Ursula von der Leyen a été mi-européen, mi-allemand. Le second sera allemand. »

