Scénario imaginaire d'une arrivée au pouvoir, par Antoine de Tarlé

Faisons un instant de la politique fiction. Imaginons ce qu’aurait pu être un bon scénario de l’arrivée au pouvoir de la candidate de gauche en 2007.

A peine élus, Mme SR prononce une importante allocution télévisée. En une dizaine de minutes, elle expose sa conception de la politique de la gauche. L’objectif est de mettre en place une société plus humaine, plus soucieuse du sort des plus défavorisés et pour cela, il faut créer plus de richesses en supprimant les obstacles au progrès et au plein emploi. Les priorités sont annoncées : réforme de l’enseignement pour qu’il permette au maximum de jeunes d’obtenir des emplois qualifiés, mise en place d’un contrat de travail unique accompagné d’un renforcement des soutiens aux demandeurs d’emploi, réforme des régimes de retraite pour garantir leur pérennité jusqu’en 2050, remise à plat du système de santé pour qu’il continue à bien servir les Français sans entraîner de dérapage insupportable des coûts. La Présidente indique que le Premier Ministre qu’elle vient de nommer est chargé de mettre en route ces projets, après avoir recueilli l’avis des organisations professionnelles concernées. Pour assurer ces missions, le gouvernement comprend une équipe réduite d’une quinzaine de ministres assistés d’une vingtaine de secrétaires d’Etat qui n’ont pas accès au conseil des Ministres.

Peu après, la présidente réunit son équipe de l’Elysée pour lui préciser sa stratégie pour les cinq ans à venir. Elle s’inspire de l’exemple de Tony Blair qui, en arrivant au pouvoir  a pris des mesures d’austérité visant à contenir les dépenses publiques et à réduire le déficit, quitte, au bout de trois ans à relâcher les contraintes budgétaires et à investir massivement dans les services publics. Elle souligne que la politique préconisée par son adversaire était exactement inverse puisque Nicolas Sarkozy avait promis d’importants cadeaux fiscaux dès son élection en espérant les financer par une hypothétique reprise de l’économie.

De ce fait le gouvernement ne propose aucun allègement d’impôts pour éviter de creuser le déficit du budget, se réservant de le faire plus tard  quand les mutations engagées auront produit leurs premiers effets.

En revanche, il s’attaque en priorité à l’emploi. Il fait voter le régime du contrat de travail unique qu’avait proposé la commission Camdessus qui comportait des représentants de la CGT, de la CFDT et de FO et propose une réforme d’ensemble des systèmes d’aide aux demandeurs d’emploi. Les organisations syndicales qui ont été consultées se déclarent totalement opposées à ces mesures mais elles se révèlent incapables de formuler des contre propositions. Les sondages d’opinion montrent qu’une nette majorité des gens y sont favorables car ils ont compris que c’était le meilleur moyen d’accroître l’offre de travail.

L’étape suivante est la réforme de l’enseignement supérieur dont l’objectif principal est d’aider les jeunes à trouver les bonnes filières. Le gouvernement exprime clairement sa position devant les syndicats d’enseignants et d’étudiants puis dans les media.en insistant sur l’intérêt pour les jeunes de se voir proposer des études débouchant sur un véritable avenir professionnel. Là encore, les syndicats manifestent leur hostilité mais ils se heurtent à un désaveu de l’opinion, sensible au bien fondé de la démarche du gouvernement et de sa majorité.

Le autres chantiers sont ensuite mis en route au cours de la première année du quinquennat afin d’aboutir à une pause au bout de trois ans et de consacrer les deux dernières années à préparer l’élection suivante, en procédant, dans la mesure du possible, à un allègement des charges fiscales qui sont aujourd’hui parmi les plus élevées d’Europe.

 

Antoine de Tarlé

C'est pas un peu ce qu'à fait Sarko ?

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